Session 1 – La protection sociale à la croisée des chemins et aux défis de la soutenabilité financière, économique et politique
Mardi 27 janvier 2026
Les questions de soutenabilité et de consentement au financement occupent une place centrale dans les démocraties contemporaines. Le poids croissant de l’État et l’ampleur des interventions publiques rendent indispensable l’adhésion, tant collective qu’individuelle, aux politiques menées. Cette adhésion repose sur la légitimité perçue de l’action publique.
Les politiques de protection sociale, en tant que piliers de l’État-providence, doivent être analysées à cette aune. Leur spécificité appelle une comparaison avec les autres politiques publiques afin d’en cerner les convergences et les divergences. La France, où l’intervention de l’État est historiquement forte et où les finances publiques et sociales sont particulièrement sous tension, constitue un terrain d’analyse privilégié.
Dès lors, comment appréhender ces défis ? Comment penser la complémentarité — mais aussi la nécessaire distinction — entre politiques sociales et autres politiques publiques, entre finances publiques et finances sociales, ces dernières formant en France un sous-ensemble structurant ?
Le 17ème cycle propose d’apporter un éclairage contemporain sur ces enjeux. Il portera une attention particulière aux dimensions financières et comptables, dans un contexte où l’approche budgétaire tend à devenir la mesure de toute action publique. La trajectoire de retour à l’équilibre financier concerne l’ensemble des acteurs, et en premier lieu la sphère sociale. Toutefois, si l’approche financière est incontournable, elle ne saurait être exclusive.
La soutenabilité des interventions publiques doit être envisagée de manière globale, en tenant compte des actions de l’État, des collectivités territoriales et des organismes de protection sociale. Au-delà des nécessaires rationalisations, il convient d’affirmer davantage la complémentarité des interventions nationales et locales dans un contexte de profondes mutations sociales.
Réfléchir à la pérennité du système de protection sociale implique d’interroger les principes qui le fondent, tant du côté des recettes que des dépenses. Équité, justice, solidarité, mais aussi capacité d’agir et nécessité d’agir sont au cœur des systèmes de protection sociale. Les réponses varient selon les risques, les pays et les modèles. Les tensions actuelles, conjuguées au renouvellement des théories de la justice, invitent à repenser ces fondements pour envisager l’évolution du modèle français.
L’approche adoptée se veut large et intégrative. L’analyse de la sphère sociale permettra d’examiner l’articulation entre interventions publiques et privées, nationales et locales, ainsi que les logiques d’assurance et de solidarité. Le cycle mettra également en perspective les choix français au regard des expériences étrangères.
Enfin, une ouverture sera proposée sur les nouveaux risques, les besoins émergents et les formes inédites de couverture, en France comme à l’étranger. Cela posera, en filigrane, la question du degré de contrainte acceptable dans des démocraties libérales fondées sur le respect des libertés individuelles.
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Mardi 27 janvier 2026
Mercredi 28 janvier 2026
Mardi 7 avril 2026
Mercredi 8 avril 2026
Mardi 16 juin 2026
Mercredi 17 juin 2026
Mardi 22 septembre 2026
Mercredi 23 septembre 2026
Mardi 3 novembre 2026
Session de clôture du cycle
Face aux tensions liées au vieillissement, aux mutations économiques et à la montée des inégalités, la protection sociale doit être repensée pour garantir sa soutenabilité financière, économique et sociale. Cette journée d’études interroge la capacité à maintenir une couverture efficace des risques tout en assurant un financement durable, ainsi que le rôle des différents acteurs dans cette évolution.
Les échanges s’articuleront autour de plusieurs interventions :
L’objectif est d’explorer des pistes pour une protection sociale plus résiliente, équitable et soutenable.
La dette sociale, devenue un élément durable des politiques publiques, s’est accrue sous l’effet des crises et pose désormais des enjeux majeurs de soutenabilité, de justice intergénérationnelle et de légitimité des choix budgétaires. Parallèlement, la défiance envers les institutions démocratiques s’intensifie, alimentée par la complexité et l’opacité des mécanismes de décision. La dette sociale apparaît ainsi comme le révélateur d’une double crise, à la fois du modèle de solidarité et du fonctionnement démocratique.
Cette journée d’études propose d’analyser les liens entre endettement social et fragilisation démocratique, en interrogeant la possibilité d’une gouvernance plus transparente, juste et participative.
Les interventions aborderont ces enjeux sous différents angles :
L’objectif est de mieux comprendre les tensions actuelles et d’identifier des pistes pour concilier solidarité, soutenabilité et renouveau démocratique.
Les finances sociales et les finances publiques, bien que reposant sur des logiques et des modes de gestion distincts, tendent à se rapprocher sous l’effet des contraintes budgétaires et des réformes visant à améliorer l’efficacité de la dépense. Ce rapprochement soulève des questions majeures de gouvernance démocratique, notamment en matière de transparence, de légitimité des décisions et de rôle des citoyens dans un contexte de complexification des mécanismes de financement.
Cette journée d’études vise à analyser les tensions et recompositions entre ces deux sphères, en croisant les approches juridiques, économiques et politiques, afin de mieux répondre aux enjeux de confiance et de responsabilité démocratique.
Les interventions permettront d’éclairer ces problématiques :
L’objectif est de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre et d’identifier des pistes d’évolution pour une gouvernance plus lisible et légitime.
La relation entre économie et protection sociale est traversée par une tension entre deux logiques : le workfare, qui conditionne les droits sociaux à l’activité, et le welfare, fondé sur une solidarité plus universelle et inconditionnelle. Face aux mutations du travail, à la précarité et à la montée des inégalités, cette opposition invite à repenser les modèles pour concilier efficacité économique et justice sociale, en considérant la protection sociale comme un investissement dans la cohésion et le développement.
Cette journée d’études propose d’explorer ces enjeux à travers une approche pluridisciplinaire, en interrogeant les liens entre politiques de l’emploi, financement, redistribution et transformations du travail.
Les interventions aborderont ces questions sous différents angles :
L’objectif est de mieux comprendre les recompositions en cours et d’identifier des pistes pour une protection sociale à la fois plus efficace et plus équitable.
Le monde du travail connaît de profondes transformations avec le développement du travail indépendant, des plateformes numériques, du télétravail et de l’automatisation. Ces évolutions remettent en cause le modèle traditionnel de protection sociale, historiquement fondé sur le salariat stable. Elles soulèvent des enjeux majeurs concernant les droits sociaux et le financement du système, encore largement basé sur les cotisations salariales. Cette journée d’études propose ainsi une réflexion économique, juridique et sociologique sur l’adaptation de la protection sociale aux nouvelles formes de travail, tout en conciliant solidarité, équité et soutenabilité financière.
Les interventions aborderont ces questions sous différents angles :
Elise Penalva-Ischer, Quelle transformation des rémunérations et leurs impacts ?
Johanna Barasz et Emmannuelle Prouet, La transformation de l’emploi au sein de la Fonction publique
Laure Baquero et Vincent Roberti, Impacts et opportunités de l’IA pour l’emploi et l’assurance chômage ?
Sarah Abdelnour, Nouvelles formes d’emploi, statuts et protections
Olivier Maillebuau, Les mutations des travailleurs indépendants et de leur protection sociale
L’objectif de cette journée est de réfléchir à l’adaptation du modèle de protection sociale face aux transformations du monde du travail. Elle vise à analyser, sous des angles économiques, juridiques et sociologiques, les conséquences des nouvelles formes d’emploi sur les droits sociaux et le financement du système, tout en cherchant à concilier solidarité, équité et soutenabilité financière.
Face aux transitions écologique, économique et sociale, de nouvelles formes de vulnérabilité apparaissent et interrogent le rôle traditionnel de la Sécurité sociale. Historiquement centrée sur les grands risques de l’existence (maladie, vieillesse, chômage, accidents du travail), elle pourrait être amenée à intégrer de nouveaux enjeux liés aux inégalités environnementales, à l’alimentation ou au climat. Cette journée d’études propose ainsi une réflexion sur les nouvelles frontières de la protection sociale, ses finalités, ses modes de financement et sa soutenabilité, afin de repenser la solidarité face aux défis contemporains.
Les interventions aborderont :
L’objectif de cette journée est de réfléchir à l’évolution du rôle de la Sécurité sociale face aux nouveaux risques environnementaux, sociaux et économiques. Elle vise à interroger l’extension possible de la protection sociale à des enjeux tels que la transition écologique, l’alimentation, le climat ou les inégalités, tout en examinant les questions de financement, de gouvernance et de soutenabilité du système.